lundi 7 juillet 2008

Le marin rejeté par la mer

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Je viens de dévorer cet excellent roman de Yukio Mishima, et je le conseille fortement à tous. Dans son style à la fois dramatique et cérébral, Mishima raconte ici l'histoire de Ryuji, un marin, et de Noboru, un garçon de treize ans qui le prend d'abord pour un héros. Lorsque Ryuji abandonne la Mer pour épouser la mère de Noboru (veuve), le jeune garçon ne pourra lui pardonner et inventera, avec sa bande d'amis, un plan cruel pour «sauver l'honneur» du marin, une fois pour toutes...
L'histoire se déroule dans les années 1950 et le roman est écrit par celui qui est considéré comme le plus grand romancier moderne japonais.


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J'ai été très déçue ce matin: je me suis présentée au théâtre de kabuki (théâtre traditionnel japonais, très coloré) à 10h30, mais tous les billets étaient déjà vendus pour la représentation de 11h! Bizarre, quand même, qu'un jour de semaine autant de gens viennent voir une pièce de théâtre... durant la journée! Évidemment, un kabuki durant en moyenne 5 heures, ils doivent commencer tôt si on veut finir...

Le théâtre kabuki-za à Tokyo.
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dimanche 6 juillet 2008

Harajuku le dimanche (encore)

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Bon, c'est avec un peu de mélancolie que j'ai passé mon dernier dimanche au parc Yoyogi, l'endroit le plus aimé de Tokyo le dimanche après-midi.

Voici un vidéo que j'ai fait d'une performance hors du commun...

video

Il s'agit d'un jeune homme qui peint tout en dansant, et comme je l'ai remarqué plus tard, en mixant sa propre musique puisque la boîte qu'il tient n'est pas un boom box, mais une sorte de synthétiseur.
Voici le résultat final (pris environ 5 minutes à faire) :



Aussi, une photo des jeunes déguisés au pont de Harajuku, à la demande générale.

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Magasiner au Japon: guide de survie

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Eh oui! Évidemment j'ai fait quelques achats durant mon voyage... Mais il y a souvent de quoi être dépaysé dans les boutiques, ici.
Voici, en une liste, des éléments plus ou moins fréquents:

  • Vous n'avez pas le droit d'essayer les chandails et les robes, malgré qu'il y ait une salle d'essayage: celle-ci est réservée aux pantalons. Les hauts étant de «taille standard», vous devez les acheter en vous fiant à vos achats passés... Vraiment pas cool -_-.
  • Vous devez enlever vos chaussures avant d'entrer dans la salle d'essayage, si on vous laisse y entrer.
  • Dans les magasins où vous *avez* le droit d'essayer, on vous donne un sac en tissu (jetable) à votre entrée dans la cabine. Celui-ci sert à enfoncer sur votre tête quand vous enfilez le chandail, question de ne pas défaire votre maquillage ou votre coiffure. (J'ai mis du temps avant de comprendre celle-ci)
  • Le vendeur ou la vendeuse vous suit souvent jusqu'à la porte, après votre achat, et ne vous remet votre sac d'achat qu'au moment où vous passez le pas de la porte.
  • Les vêtements ou objets sur les étalages sont des échantillons. Quand vous dites à la vendeuse que vous le voulez, elle va en chercher un autre, déjà emballé, dans l'arrière magasin et vous le montre pour que vous jugiez de vous-même s'il y a des défauts.
  • Les vendeurs/euses crient sans cessent 'irashiaimasse!', ce qui est une expression pour souhaiter la bienvenue dans un magasin ou restaurant. Cela devient très vite achalant.
  • Lors des ventes, même dans les centres commerciaux, les vendeurs sortent devant la boutique avec un porte-voix et crient les spéciaux.

C'est tout ce à quoi je peux penser, pour l'instant.
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Crème glacée

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Pour rester dans la même ambiance que le message précédent, et parce que ces deux derniers jours ont été d'une chaleur extrême (surtout à cause de l'humidité), je continue au sujet des rafraichissements. Cette fois: la crème glacée.


«Ouache! Mais c'est dégoûtant!», pensez-vous peut-être en regardant la saveur inscrite sur le pot (vinaigre balsamique et figues). Mais détrompez-vous, c'est un goût qui sans être très sucré, est très doux. Vous n'avez pas l'impression de manger une nouvelle variante lactée de votre salade préférée...

La crème glacée molle (appelée par les japonais «soft cream») est très populaire au Japon, et plusieurs magasins de coin de rue, dépanneurs et pâtisseries peuvent vous en offrir. Les saveurs sont généralement vanille, matcha (thé vert) ou mangue, mais l'on retrouve aussi parfois des variantes régionales, comme le sésame noir ainsi que la lavande, que j'ai goûtée avec ma soeur près du Mt-Fuji, mais qui n'était franchement pas très bonne (très amer).

Les amateurs de 'véritable' crème glacée trouverons --plus rarement-- des comptoirs de gelato où les saveurs classiques sont rares et où l'on vous sert plutôt des crèmes glacées typiquement japonaises. Parmi celles-ci j'ai goûté celle au miso (goût semblable au caramel), celle à la patate douce (goût proche de la vanille), celle au soya (vraiment très sucré), celle à la fève rouge et évidemment, qui se retrouvent aussi à Montréal, celle au thé vert et celle au sésame noir (ma préférée). J'ai aussi eu droit à une crème glacée saupoudrée d'or véritable: la feuille d'or étant une spécialité de la région de Kanazawa, on peut en retrouver dans différents produits, incluant boissons et désserts.


Une barbotine (slush) faite de fruits véritables dans laquelle on ajoute
un petit chien qui barbotte!
Servie à Harajuku.
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vendredi 4 juillet 2008

Quand il fait chaud...

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Rien de mieux qu'un matcha latté bien glacé,
disponible dans n'importe quel café, à Tokyo.



C'est ma boisson japonaise préférée (avec le umeschu, bien entendu)!
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Qu'en est-il de l'heure de pointe?

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C'est l'heure de la fermeture des bureaux, à Tokyo. Pourtant, les rues ne sont pas particulièrement embouteillés. Bizarre, vous croyez?

Mais non! Les Tokyoites sont des fans de transport en commun! Vous avez probablement déjà vu une carte du métro de Tokyo. Sinon, j'en affiche une pour que vous compreniez pourquoi le choix est si clair : le métro se rend partout, partout (en passant, j'habite à la station MOTOHASUNUMA, que vous voyez sur la ligne bleue, totalement en haut à gauche de la carte).

(C'est une carte simplifiée, et plusieurs nouvelles
lignes se sont ajoutées ces dernières années--
dont une il y a 10 jours.)

Vous connaissez la rumeur: aux heures de pointe, des 'pousseurs' sont payés pour «pousser» le plus de gens dans les wagons et s'assurer que les portes ferment quand même. Certes, j'ai vu de ces messieurs aux gants blancs (comme tous les employés de métro et de train ici, d'ailleurs) et au gros coussin (pour pousser sans toucher les gens). Mais je ne les ai jamais vus à l'ouvrage. En fait, les gens ici sont assez disciplinés pour faire eux-même ce qu'il faut...

Oui, c'est vrai. Les gens ne bousculent jamais hors des heures de pointes, mais aux heures de pointe, c'est la véritable marée quand les portes du métro s'ouvrent. Si vous n'êtes pas assez rapide pour vous coller vous-même sur la personne devant vous, vous sentirez très vite la personne, ou plutôt, la marée de personnes derrière vous vous pousser à l'intérieur. Une fois que tout le monde qui en était capable est rentré (et il en reste beaucoup sur le quai), vous ne pouvez pas lever les mains, et vous recevez probablement l'haleine de quelqu'un vers vous (vous espérez qu'il a été plus 'occidental' qu'à l'habitude et qu'il n'a pas mangé de poisson ou de curry lors de son dernier repas...).

C'est lors de cet émouvant moment de tête-à-tête que vous découvrez ce que des milliers d'années d'entraide sur une petite île fermée donnent dans une situation moderne de ce genre. Pour être certains que nos derniers compatriotes entrés ne reçoivent pas la porte en plein front quand elle se fermera, il arrive souvent qu'on tire, pour le moment de la fermeture des portes du moins, les gens vers l'intérieur. Même si on ne se connait pas. Alors vous n'êtes pas que poussé à l'intérieur, vous êtes aussi tiré par la manche. Évidemment, si l'on est serré à ce point, vous comprendrez que le spectacle des portes fermées est assez cocasse de l'extérieur puisque le visage des derniers entrés est collé à la vitre de la porte (c'est drôle la première fois que vous le voyez, mais croyez-moi, ça devient un spectacle quotidien assez banal). Du quai, vous pourrez aussi apercevoir, lors du départ du train, les différents morceaux de tissus --cravates, jupes, pantalons, etc.-- coincés dans la porte lors de la fermeture. Quel charmant spectacle! Avant de réaliser que ce sera votre tour, lorsque le prochain train arrivera....


(Avec le développement du métro ici, les voitures seront
bientôt de pièces de musée...)

Sur les lignes principales, les trains passent à la minute lors des heures de pointe. J'ai attendu 15 minutes tout à l'heure avant qu'un train qui avait assez de place pour moi et tous mes achats (à peine assez de place, disons) passe. C'était tout aussi long une fois entrée puisque le train s'arrêtait *entre* les stations, question que le train d'avant ait le temps de se vider; pour vous dire qu'ici, il y a *beaucoup* de trains qui roulent, à l'heure de pointe.

mercredi 2 juillet 2008

Le mètre carré le plus cher au Monde

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Tokyo détient le titre, avec certaines régions de Londres, du mètre carré le plus cher au Monde.
On dit souvent que la ville est excessivement cher pour d'autres aspects aussi, mais ce point est discutable. Par exemple, il est vrai que le transport peut être très coûteux : vous payez pour la distance que vous parcourrez. Pas de carte mensuelle à frai fixe, pas de tarif étudiant. Vous faites d'un à trois kilomètres? Sur les lignes Japan Railways (JR) vous payerez environ 110yens (1$ 10 cents), alors que sur les lignes Toei, un peu plus chères, vous payerez 130yens. Pour 10km vous payerez 330yens, etc. Pas question non plus de changer de quai après quelques stations si vous vous êtes trompé de direction: dans ce cas, il faudra payer à nouveau sur la plupart des lignes.
Les transports sont privatisés et c'est pour cela qu'il y a différentes compagnies qui gèrent différentes lignes avec des tarifs différents...

J'habite à Tokyo depuis pas même un mois et déjà, mon budget de transport dépasse le 200$, sans compter mes escapades à l'extérieur de la ville. Et je préfère la marche dès que possible. Donc côté transport, pas donné.

Côté nourriture, il est vraiment facile de se nourrir pour très peu par jour. Et de bien se nourrir. Une salade complète (avec des morceaux de viande et plusieurs légumes) se trouve facilement pour 500yens, alors qu'un gros bol de ramens (nouilles japonaises servies dans un bouillon, souvent avec un morceau de viande ou des légumes par dessus) très nourrissantes peut parfois vous coûter 400yens dans un resto de coin de rue, spécialisé dans ce plat. Une assiette de riz au curry, un gyudon (voir mon message sur la nourriture), quelques croquettes de pieuvre ne vous coûterons non plus pas plus cher que 700yens et se trouvent à presque tous les 300mètres.

Pour un souper dans un restaurant familial (disons, un restaurant pas *trop* chic mais décoré et où vous êtes servi à table --disons un équivalent du St-Hubert BBQ, par exemple), un repas complet avec entrée et déssert coûte rarement plus de 1500yens (15$). Plusieurs restos se reprennent tout de même avec les boissons, qu'elles soient alcoolisée ou non (dans le pays du thé, je n'ai pas encore vu un endroit où je peux prendre un verre de thé --même cheap-- pour moins que 3$).

Je déjeûne à l'appart, mais un déjeûner plus occidental (pâtisserie, bagel ou toast et oeuf) se trouve très facilement pour 500yens et moins dans un café. Un déjeûner à la japonaise vous en coûtera plus cher, par contre, et est généralement servi dans des endroits plus chics.

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Enfin, pour en revenir au logement cher: c'est vrai! J'habite dans un quartier réputé pour être peu cher (Itabashi, au Nord-Ouest de Tokyo, très tranquille) et il m'en coûte, pour mon logement de 23 mètres carrés (l'eau, le gaz, l'électricité et l'Internet inclut, par contre), un peu plus que 1000$ par mois.



J'aime cependant beaucoup cet appartement et je vous laisse sur quelques photos (fort attendues par certains d'entre vous) de celui-ci...


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