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C'est l'heure de la fermeture des bureaux, à Tokyo. Pourtant, les rues ne sont pas particulièrement embouteillés. Bizarre, vous croyez?
Mais non! Les Tokyoites sont des fans de transport en commun! Vous avez probablement déjà vu une carte du métro de Tokyo. Sinon, j'en affiche une pour que vous compreniez pourquoi le choix est si clair : le métro se rend partout, partout (en passant, j'habite à la station MOTOHASUNUMA, que vous voyez sur la ligne bleue, totalement en haut à gauche de la carte).
(C'est une carte simplifiée, et plusieurs nouvelles
lignes se sont ajoutées ces dernières années--
dont une il y a 10 jours.)
Vous connaissez la rumeur: aux heures de pointe, des 'pousseurs' sont payés pour «pousser» le plus de gens dans les wagons et s'assurer que les portes ferment quand même. Certes, j'ai vu de ces messieurs aux gants blancs (comme tous les employés de métro et de train ici, d'ailleurs) et au gros coussin (pour pousser sans toucher les gens). Mais je ne les ai jamais vus à l'ouvrage. En fait, les gens ici sont assez disciplinés pour faire eux-même ce qu'il faut...
Oui, c'est vrai. Les gens ne bousculent jamais hors des heures de pointes, mais aux heures de pointe, c'est la véritable marée quand les portes du métro s'ouvrent. Si vous n'êtes pas assez rapide pour vous coller vous-même sur la personne devant vous, vous sentirez très vite la personne, ou plutôt, la marée de personnes derrière vous vous pousser à l'intérieur. Une fois que tout le monde qui en était capable est rentré (et il en reste beaucoup sur le quai), vous ne pouvez pas lever les mains, et vous recevez probablement l'haleine de quelqu'un vers vous (vous espérez qu'il a été plus 'occidental' qu'à l'habitude et qu'il n'a pas mangé de poisson ou de curry lors de son dernier repas...).
C'est lors de cet émouvant moment de tête-à-tête que vous découvrez ce que des milliers d'années d'entraide sur une petite île fermée donnent dans une situation moderne de ce genre. Pour être certains que nos derniers compatriotes entrés ne reçoivent pas la porte en plein front quand elle se fermera, il arrive souvent qu'on tire, pour le moment de la fermeture des portes du moins, les gens vers l'intérieur. Même si on ne se connait pas. Alors vous n'êtes pas que poussé à l'intérieur, vous êtes aussi tiré par la manche. Évidemment, si l'on est serré à ce point, vous comprendrez que le spectacle des portes fermées est assez cocasse de l'extérieur puisque le visage des derniers entrés est collé à la vitre de la porte (c'est drôle la première fois que vous le voyez, mais croyez-moi, ça devient un spectacle quotidien assez banal). Du quai, vous pourrez aussi apercevoir, lors du départ du train, les différents morceaux de tissus --cravates, jupes, pantalons, etc.-- coincés dans la porte lors de la fermeture. Quel charmant spectacle! Avant de réaliser que ce sera votre tour, lorsque le prochain train arrivera....
(Avec le développement du métro ici, les voitures serontbientôt de pièces de musée...)Sur les lignes principales, les trains passent à la minute lors des heures de pointe. J'ai attendu 15 minutes tout à l'heure avant qu'un train qui avait assez de place pour moi et tous mes achats (à peine assez de place, disons) passe. C'était tout aussi long une fois entrée puisque le train s'arrêtait *entre* les stations, question que le train d'avant ait le temps de se vider; pour vous dire qu'ici, il y a *beaucoup* de trains qui roulent, à l'heure de pointe.