lundi 30 juin 2008

Aquarium Shinagawa

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Samedi, je suis allée à l'aquarium de Shinagawa (la ville de Tokyo contient plusieurs aquariums, tous privés, à ma connaissance), dans le Sud de Tokyo.



L'intérêt principal de cet aquarium est sa construction: plusieurs aquariums sont construits pour que les animaux vous entourent, que vous soyez à côté et sous eux. Vous pouvez en voir un exemple dans le second vidéo ci-dessous.




Sinon, l'aquarium anime aussi des spectacles d'otaries et de dauphins. Ce sont évidemment les attractions les plus populaires, donc il est difficile de s'approcher pour bien voir lors des représentations, mais entre les représentations, quand c'est beaucoup plus calme, il est possible de se coller à la vitre des dauphins et de les voir de près puisque ceux-ci sont aussi curieux et viennent vous regarder.

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Après une attente en file d'un peu plus de deux heures, j'ai finalement pu pénétrer dans le 'musée portatif' intitulé Mobile Art, un projet de Chanel, la maison de mode parisienne. Le bâtiment est arrêté à Tokyo ce mois-ci (et jusqu'au 4 juillet) et présente, sous forme de 'visite ambiante' (je reviens à ce terme bientôt), des oeuvres d'une vingtaine d'artistes modernes. Le concept est le suivant: en petite groupes, les visiteurs entrent et on leur donne un lecteur MP3 dans lequel la trame sonore de la visite est programmée. Le visiteur doit écouter les directives de 'l'hôte', qui lui fait traverser le musée en donnant ses impressions sur les oeuvres que le visiteur a devant lui. Heureusement, l'hôte ne parle pas en tout temps et plusieurs oeuvres sont simplement accompagnées d'une musique ou de bruitages. Les oeuvres sont plus ou moins vaguement inspirées du modèle qui a rendu Chanel si célèbre: la sacoche matelassée. Le musée, lui, est un design de Zaha Hadid et est construit pour être facilement démontable et remontable dans les différentes grandes villes où l'expo se 'posera'.


La visite dure une trentaine de minutes (c'est la durée de l'enregistrement que vous écoutez) et les oeuvres sont sous forme de vidéo, d'installations, de photos, et même d'une sorte de happening de la durée de l'expo, puisque l'oeuvre présentée par Yoko Ono intègre des messages que les visiteurs sont priés de rédiger et de laisser sur place.

Les oeuvres ne m'ont pas du tout touchées également et plusieurs étaient un peu trop 'têteuses' (de Chanel) à mon avis. Celle de 'Pierre & Gilles' (oui, c'est le nom d'artiste puisque ces deux messieurs sont une entité ne se séparant jamais), artistes s'intéressant souvent à une problématique sociale, était la plus intéressante à mon avis (je la décrirai aux intéressés). Je ne me suis pas encore fait une idée sur l'exposition en général, mais je peux dire que juste pour le livre qu'on nous donnait à la sortie, l'attente en valait le coup!

L'expo était gratuite et je me dis que Chanel a beaucoup d'argent, puisque ce magnifique livre contient une centaine de photos pleine page de Tokyo, ainsi que de photos d'oeuvres de différents architectes japonais (entre autre l'Habitat 67, à Montréal) et un dossier sur l'art japonais contemporain (comprenant ---oooooh oui!--- des oeuvres de mon mangaka préféré, Otomo Katsuhiro). Le livre contient aussi des entrevues avec certains artistes ainsi qu'avec le directeur du projet et le designer en chef de Chanel, l'admirable Karl Lagerfeld (vraiment, ce livre avait tout pour me rendre heureuse malgré la fatigue engendrée par l'attente).

Pour en savoir plus: le site officiel.


jeudi 26 juin 2008

Marché au poisson

Un des endroits les plus courus à Tokyo par les touristes: le marché central, aussi appelé marché au poisson car on y trouve 1000 revendeurs de produits frais de la mer (des cargaisons arrivent chaque jour au port).
Au péril de notre vie, nous y avons fait un tour ce matin...



Je dis «au péril de nos vies» parce que l'endroit est véritablement dangereux.
Il n'est officiellement pas ouvert au public (qu'aux marchants et restaurateurs), mais des centaines de curieux s'y rendent quand même chaque jour.
D'abord, à gauche et à droite surgissent à toute vitesse des 'carts' conduits par des habitués qui roulent à toute vitesse et ne semblent respecte aucune règle de conduite (conduisent de n'importe quel côté du petit chemin). On ajoute à cela les camions de marchandise, les livreurs à vélo, les hommes qui tirent des montagnes de poissons derrière eux sans regarder où ils vont, les boîtes empilées partout, n'importe comment, etc.
L'expérience est assez stressante. N'empêche, elle vaut amplement la peine: photos à l'appui.


Crevettes tigrées, parmi les espèces que je n'avais jamais vues auparavant.



Petits thons numérotés. On dit que les gros thons se vendent le prix d'une voiture, ici, à l'aube.


Les enchères au thon débutent à 5h du matin.
Cette tête mesurait environ 70cm de long.
Le corps est découpé grâce à de grosses scies installées sur place.
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Nihon-kebab!


Eh oui! Tant qu'à être au Japon, je tâche de manger japonais le plus souvent mais parfois, je veux varier. Et puisque la nourriture libanaise est ma nourriture préférée, qu'elle ne fut pas ma surprise que de découvrir qu'à quelques endroits touristiques, on peut trouver des comptoirs où l'on prépare du kebab, entre autres...
Voici donc un pita shawarma-shishtaouk que je me suis payé, hier.
Plutôt délicieux!
Miaaaaaam!
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mercredi 25 juin 2008

Mont Fuji

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Voyez-vous le Mont Fuji?




Nous avons été dans les parages du Mont Fuji, la plus célèbre montagne du Japon, lundi. Nous étions dans le village du lac Kawaguchi.


La montagne était très difficile à voir à cause des nuages, ce jour-là. Et puis nous regardions à la hauteur des autres montagnes, ce qui est une erreur car Fuji est au moins 10 fois plus haute que les monts environnants.
Nous avons finalement aperçu, pour quelques dizaines de minutes, le sommet du Fuji-san qui dépassait à travers les nuages. C'est vraiment magnifique!



Sur cette dernière photo, on voit au loin la base du Mont Fuji. Les nuages se groupent autour du mont, donc c,est un des seuls endroits à l'horizon où ils sont si denses.
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samedi 21 juin 2008

Photos [11]


De centaines de petits bouddhas (?) habillés par les moines, le long de la promenade
longeant le temple bouddhiste Zozo-Ji. Chaque tuque et bavette est différente.


J'espère que ces pingouins n'ont pas leur propre émission de télévision...



Une statue illustrant une douzaine de chiens, devant la tour de Tokyo.
Avec Hachiko, le chien fidèle, à la station Shibuya (sculpture connue), on
s'aperçoit qu'ici il n'y a aucune offense à préférer des statues d'animaux aux
assez rares statues d'hommes importants.

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À voir à Tokyo

Voici quelques activités que nous avons fait ces derniers jours et que nous recommandons à quiconque va à Tokyo pour quelque temps.

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Les studios de la NHK (radio et télévisions nationales)

La plupart des guides touristiques mentionnent qu'il n'y a qu'une visite guidée gratuite, mais récemment un 'parc d'attraction' a été ouvert dans les studios mêmes. En fait, c'est un genre de musée extrêmement interactif, fonctionnant selon un plan pré-déterminé que vous devez absolument suivre (des employés vous guident tout au long du parcours). Dès qu'on entre, une équipe de télévision avec une hôtesse nous accueillent et on se voit sur un écran géant numérique -_-. Plusieurs des activités sont de ce genre (aller dans une vraie salle de nouvelle, doubler un film puis s'écouter sur une bande sonore, faire du bruitage, etc.) ; c'est donc à déconseillé si vous êtes particulièrement timide, quoi qu'on se dit qu'on est au Japon, à l'autre bout du monde, donc c'est moins pire (personne ne vous reconnaitra). ;-P

À conseiller uniquement aux gens qui ont une bonne base en langue japonaise! Aucun écriteau n'est en anglais et les employés qui vous guident ne parlent que japonais.

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Le musée de la tour Mori

À Roppongi, le bâtiment le plus connu est la tour Mori, construite et possédée par un très riche promoteur immobilier de Tokyo. Au 53è étage, on y trouve un musée qui reçoit uniquement des expositions temporaires. En ce moment, c'est une rétrospective du prix d'art contemporain anglais Turner Prize, un prix très publicisé et souvent controversé. L'exposition était géniale, et les guides audio étaient prêtés gratuitement, ce qui est un fort atout dans une expo d'art contemporain.
Site web.
Le billet d'entrée donne accès au Tokyo Vue, un étage complètement vitré donnant une vue presque 360 degré sur la ville (avec café, bar et restaurant chic pour ceux qui le veulent).


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Musée de la publicité

Ce musée complètement gratuit se trouve au rez-de-chaussée de l'édifice Dentsu, une propriété d'une agence publicitaire connue. Le musée explique, à travers des copies originales de publicités papier ainsi que des vidéos, documents numérisés, photos et ainsi de suite, l'histoire de la publicité au Japon depuis ses débuts à l'ère Edo jusqu'à nos jours. La collection est très intéressante et plusieurs panneaux sont en anglais, ce qui n'est pas réellement la norme à Tokyo. La visite se termine sur la projection d'hilarantes publicités récentes qui font partie d'un concours international de publicité. Vous pouvez voter pour votre préférée, si vous le désirez.


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Nous n'avons pas monté en haut, puisque cela paraissait plutôt comme un attrape-touristes, mais voici la Tout de Tokyo, dépassant de 11m celle des Français, juste pour être baveux (selon mn guide touristique écrit par un Français)...


Et vue de haut, du Tokyo Vue.


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mardi 17 juin 2008

Un zoo dans la ville


(Un panda rouge, beaucoup plus petit que la variété connue de panda géant)

Hier, nous avons été au zoo d'Ueno, à l'Est de Tokyo. Les guides à la porte indiquaient que la visite prenait en général 2h, mais pour vraiment faire le tour du zoo et s'arrêter un peu devant chaque animal, elle nous a pris un peu plus que 5h. L'endroit n'était pas plein à craquer, heureusement, puisque nous étions mardi et, peut être aussi, que la légende du zoo, le panda géant, est mort il y a quelques semaines (le panda était si célèbre qu'on donnait régulièrement de ses nouvelles au téléjournal national).

Le zoo est gigantesque et on y trouve des animaux de tous les continents et de toutes les tailles. Pour un Occidental, la visite est particulièrement intéressante car beaucoup d'animaux présentés ne se trouvent qu'en Asie et se retrouvent rarement dans les zoos ailleurs dans le monde (plusieurs spécimens sont donnés entre les pays en guise de 'cadeau d'amitié').


(Un capybara avec son bébé de quelques mois)

Entre autres, une salamandre géante japonaise peut être observée, ce qui est à ma connaissance un animal en voix d'extinction, que l'on ne trouve qu'au Nord du Japon dans certain marécages. Des dizaines de variétés d'oiseaux dont j'ignorais l'existence, tous plus superbes les uns que le autres, se trouvaient dans des volières ou encore dans un étang gigantesque construit dans le zoo.

Ma découverte: le 'lesser mouse deer' , plus petit ongulé connu. Je mets à votre disposition un petit vidéo pris lors d'un des rares moments où l'animal a bougé.




Plusieurs guides touristiques classent cette visite dans leur section 'Tokyo avec des enfants', mais je suis persuadée que la visite plaira aux gens de tous âges. Si vous visitez Tokyo, un passage au zoo est fortement recommandé.

Langue japonaise

Je fais parfois référence à la langue japonaise dans ce blogue, sans pour autant avoir expliqué les bases de son fonctionnement (pas évident). J'ai trouvé un court article sur le Japan Times en ligne qui explique les bases et les difficultés au niveau de son apprentissage.

Pour lire l'article, il faut cliquer ici.

lundi 16 juin 2008

Tanuki

Eve et son nouveau 'best buddy', le tanuki porte-chance.




(Le tanuki est un animal japonais qui ressemble à un mélange entre un chien et un raton-laveur. Il fait partie de plusieurs légendes aussi et est souvent mis, sous forme de superbe sculpture de plâtre, sur le pas des portes pour porter chance.)

dimanche 15 juin 2008

À la découverte de Tokyo

Ma soeur (Eve) est arrivée jeudi, et nous visiterons Tokyo ensemble pour les deux prochaines semaines. Je suis contente que la saison des pluies ne soit pas encore commencée, cela aurait été plutôt ennuyant car il y a beaucoup de beaux parcs et de choses à voir à l'extérieur, à Tokyo.

Ensemble, nous avons visité les quartiers de Shinjuku (centre-ville des affaires, le jour, et quartier de l'amusement, le soir -- le terme 'amusement' est flou par exprès, ce quartier regroupant autant des bars branchés, arcades et karaokes que des salons de massage, bar d'hôtesses, etc.), le parc du palais impérial et ses environs ainsi que Harajuku, hier.

Grande soeur devant la forêt de gratte-ciel, devant la station Shinjuku.

Un échantillon de designs de bâtiments.


Les gratte-ciel sont si rapprochés qu'on ne distingue même plus de profondeur de champ.


L'entrée du Palais Impérial, entouré d'un superbe parc. L'accès au parc est gratuit,
mais il est impossible de pénétrer dans l'enceinte du palais.


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Et maintenant, quelques bands qui s'animaient sur le trottoir à côté du parc Yoyogi, hier...




Rice Riot, qui étaient très animés.




Un vrai band punk japonais, comme on les aime, qui font tout un spectacle
(même sur le trottoir).


mercredi 11 juin 2008

Préjugé sur les gens de Tokyo

Au Canada comme au Japon, il y a un préjugé qui perdure sur les habitants de Tokyo: qu'ils sont froids. Qu'ils courent à gauche et à droite, sont pressés, et n'interagissent avec les autres qu'en cas de nécessité.

Quand je suis arrivée à Tokyo, j'ai pensé que c'était un peu vrai. Toutefois, il est évident qu'on ne peut comparer l'ambiance dans une petite ou moyenne ville comme Kanazawa ou Hiroshima à celle d'une métropole. Il arrivait qu'à Kanazawa, les piétons que nous croisions nous saluent, ou encore, assez souvent des étrangers nous abordaient pour nous poser des questions sur nos origines.

À Tokyo, par contre, nous sommes loin d'être les seuls touristes de la ville...
Reste que, le jour de mon arrivée, ce premier préjugé concernant les Tokyoïtes a rapidement été démenti.
Nous ne comprenions pas quel montant il fallait mettre dans la billetterie du métro, puisque les noms des stations à côté des prix étaient uniquement écrits en caractères chinois. À peine 30 secondes d'hésitation et des Japonais, de tous côtés, se lancent vers nous pour nous offrir leur aide, très gentiment.

dimanche 8 juin 2008

Et maintenant, mesdames et messieurs.... TOKYO!


(Intersection passante à Shibuya... et puis c'était encore calme, à cette heure-là)

Je réside depuis hier dans le Nord-Ouest de Tokyo, dans un petit quartier tranquille du nom de Itabashi. Mon petit appartement est à moins de trois minutes de marche de la station de métro la plus proche, qui elle-même est à 40 minutes de métro de Shibuya (un des centre de la ville) -- pour Tokyo, c'est considéré comme relativement proche. Je suis contente de mon appartement, qui se trouve à être ma destination finale au Japon, et ma résidence pour le prochain mois.

Je n'ai pas encore beaucoup visité, mais j'ai eu mon coup de foudre aujourd'hui : le Yoyogi Park, tout près du célèbre Harajuku. Le dimanche, les Tokyoïtes et les touristes s'y rejoignent. À l'entrée, sur le pont, des dizaines de jeunes habillés en gothic-lolita ou en costume de personnages de mangas se font photographier par les passants. Dès qu'on entre dans le parc, on aperçoit une vingtaine d'hommes habillés à la fifties, avec une coiffure à la Elvis, des tatouages et des pantalons en cuir, danser sur des airs rock ou jive de l'époque. C'est assez spécial et très divertissant.





Plus loin, des groupes jouent leur musique en plein air, écoutés par un attroupement de passants. D'autres personnes dansent en solo, sans musique, tandis que des duos d'humoristes costumés se donnent en spectacle dans certains recoins du parc. On joue aussi du tam-tam en groupe, comme à Montréal! L'ambiance est tout à fait plaisante.


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Les salons de coiffure japonais

Je me suis finalement fait couper les cheveux, cet après-midi. J'ai pris mon courage à deux mains, ai essayé de mémoriser la bonne façon de demander une coupe, puis suis rentrée dans un salon de Shibuya qui offrait des prix spéciaux pour la journée. D'abord, surprise: on n'a pas besoin de prendre rendez-vous, même dans les salons assez branchés, sur une des rues les plus passantes au monde en matière de piétons (véritable bain de foule). Suffit de vous assoir et de remplir un papier.

Trois personnes s'occupent de vous. D'abord un apprenti, qui fait le premier shampoing, ensuite la coiffeuse, puis une autre employée qui donne un shampoing après la coupe et qui vous donne un massage. Oui, un massage. Au Japon, c'est chose courante qu'un massage (haut du dos, épaules, bras) soit inclut dans le prix de base. Les employés ne devaient pas souvent voir d'étrangers, malgré que ce soit un coin touristique, et ils me posaient beaucoup de questions. J'étais plutôt fière d'avoir tenu une discussion d'une heure trente en japonais avec des étrangers.

Hiroshima, encore Hiroshima


(Le Genbaku Dome)



Je ne suis plus à Hiroshima au moment d'écrire ce message, mais j'avais encore plusieurs choses à dire à propos de cette superbe ville, et quelques images à afficher.


(Monument dédié aux enfants morts de l'exlosion ou de ses conséquences directes)

Comme je l'écrivais, Hiroshima est une ville très vivante. Au centre de la ville, entre deux branches de la rivière Otagawa, se trouve le parc de la Paix, tel que mentionné précédemment. Ce parc est toujours rempli de gens qui lisent, s'entrainent, marchent, font des hommages ou prient devant différents monuments à la mémoire des victimes de la guerre. J'affiche dans ce message plusieurs photos de ces monuments, ainsi qu'une photo du Genbaku Dome, qui fait partie de l'Héritage Mondial UNESCO en tant que seul bâtiment n'ayant pas complètement été détruit par la bombe puis ayant été conservé intouché (sauf certaines restaurations) par la suite. J'ai lu qu'il n'avait pas été détruit, malgré qu'il se trouvât à quelques centaines de mètres de l'explosion, justement parce qu'il se situait presque sous le point de l'explosion et donc que les rayons 'ont poussé vers le sol plutôt que vers l'horizon.

(Des centaines de grues en origami)


Ce qui rend Hiroshima le plus vivant, peut-être, ce sont les messages d'espoir des jeunes et leur énergie. À plusieurs endroits dans le parc, des jeunes jouent de la musique en plein air. Certains en groupe, sous le pont, d'autres pratiquant seul de leur instrument sur les rives de la rivière. Un soir, peu importe où nous allions, nous les entendions.


(Le monument aux victimes Coréennes, avec une grande tortue à son pied)

Les enfants de l'école primaire et secondaire aussi sont toujours là, comme je l'écrivais, puisqu'ils font des sorties scolaires au musée de la Paix. Plusieurs d'entre eux avaient un travail à faire pour leur cours d'anglais l'autre jour: ils devaient amasser (en anglais le plus possible) des «messages pour la Paix dans le Monde». Puisque dès que les Japonais voient un touriste, ils croient que nécessairement cette personne parle anglais, nous avons écrit beaucoup de messages pour la Paix ce jour-là, mais c'était très plaisant (et pour une bonne cause). Les enfants Japonais sont très polis et ils étaient très surpris de pouvoir parler avec nous en japonais.

Je ne sais pas si je l'ai déjà écrit, mais la spécialité culinaire de Hiroshima est l'okono-miyaki, dont j'ai parlé dans mon premier message sur la nourriture, et qui se vend dans cette ville à tout les coins de rue. Suffit de rentrer dans ces petits restaurants à maximum 10 places assises, directement au bar sur lequel se trouve de grande plaques chauffantes utilisées pour préparer devant vous l'okono-miyaki selon les directives que vous donnez par rapport aux ingrédients à ajouter à la recette.

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Un des aspects les plus charmant d'Hiroshima est son tramway. Nous l'avons pris pour nous rendre à Miyajima, une île très connue au Sud de la ville. Le trajet est de 45 minutes environ, puis après il faut prendre un traversier. L'île est couverte de montagnes. Au bas, on y retrouve un très beau temple shinto sur pilotis ainsi qu'une des «trois plus belles vues du Japon», le fameux tôri (porte shinto) qui émerge de la mer (plus ou moins selon l'état de la marée). Grâce à un téléphérique, on peut monter au plus haut point de la plus haute montagne de l'île, le mont Misen, et obsérver les dizaines d'îles environnantes, ainsi que de très vieux temples éparpillés à quelques kilomètres de marche dans la montagne. Mais attention, la place est remplie de singes, et ils peuvent voler vos sacs alors on doit tout laisser dans des casiers!


(Vue du temple)


(Vue du haut de la montagne Misen)

(Un mariage shinto se tenait devant le temple)

(Plein de singes avec leurs bébés)


jeudi 5 juin 2008

Hiroshima, ville de la Paix (SUITE)

+-+ (Lire le message précédent d'abord) +-+

Nous savons tous ce qui arriva le 6 août 1945, à Hiroshima.
Je ne suis pas historienne, alors je ne saurais expliquer ou débattre en détails la position du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Je me suis cependant intéressée à l'évènement en particulier et j'aimerais expliquer extrêmement brièvement certaines données.

En 1945, les troupes japonaises avaient souffert énormément de pertes en Asie, et le gouvernement força la conscription de plusieurs milliers d'hommes (souvent des étudiants). On entrainait femmes et jeunes enfants se battre et l'on craignait que le pays serait bientôt envahit. L'Empereur demanda aux citoyens de faire 'le dernier effort pour le pays', et on décida de diviser une grande partie des troupes en deux camps, l'un à l'Est et un à l'Ouest, dans l'éventualité que le pays soit divisé en deux par es envahisseurs. Hiroshima devint l'une de ses bases. Il est nécessaire de ne pas oublier qu'un grand nombre de soldats ou d'employés de l'armée étaient des prisonniers Coréens, ainsi que Taiwanais et Chinois. Près d'un dixième des victimes de la bombe atomique à Hiroshima étaient des Coréens, et pendant longtemps le Japon n'a pas reconnu ces victimes... Dans les années 1970, enfin, on offrit une place dans le Parc de la Paix et dans l'histoire nationale officielle à ces doubles victimes.

Le Japon perdait la guerre et tous le savaient, mais la mentalité martiale japonaise demande que l'on n'abandonne jamais, même si c'est perdu d'avance. Tuer le plus d'hommes avant de mourir, ou trouver la mort par le suicide, qui est l'autre seule façon de terminer sa vie en homme brave. Évidemment la majorité des soldats, surtout jeunes, ne se retrouvaient pas dans cette mentalité (il existe, je crois, maintes témoignages peu réjouissants des jeunes hommes à qui l'on donna un verre de saké avant qu'ils grimpent dans leur avion pour se jeter quelques heures plus tard sur les Américains, à Pearl Harbor, mais ceci est une autre histoire). Pour dire simplement, le Japon, en été 1945, était déjà acculé au gouffre de la défaite.

Mais aux États-Unis, le développement de l'arme nucléaire avait déjà coûté bien trop cher pour que le projet soit mis au rancart. Plusieurs documents officiels reçus au bureau du président Roosevelt évoquent les critiques que le gouvernement recevrait si aucune démonstration de l'efficacité de la bombe n'était faite. Associer la fin de la guerre à la bombe atomique dans l'esprit des citoyens prouverait la valeur du projet et en justifierait les coûts faramineux.

On envisageât l'Allemagne comme cible, mais l'idée fût vite retirée: on croyait que le pays était assez avancé pour pouvoir analyser les données de la bombe et s'en servir pour créer rapidement l'arme nucléaire à son tour. Le Japon semblait une fort meilleure cible : d'abord, on empêcherait tout rapprochement possible du Japon avec l'URSS. Ensuite, la géographie du pays permettait une analyse facile des résultats et une étude à long terme des conséquences de l'arme nucléaire.

Une douzaine de villes japonaises furent pré-sélectionnées pour leur emplacement géographique d'abord ; il fallait trouver des villes où les montagnes n'amplifieraient pas les effets de la bombe, et donc où les données ne seraient aucunement faussées, puis des villes assez étendues. On retira ensuite plusieurs villes de la liste pour diverses raisons et on en garda quatre, dont Hiroshima était la préférée car on croyait qu'aucun prisonnier de guerre allié ne s'y trouvait. On interdit les attaques aériennes sur ces villes, afin de mieux calculer l'impact de la bombe. Le 6 août au matin, on envoya des avions en reconnaissance sur les quatre villes, pour observer les conditions météorologiques.
Le sort d'Hiroshima fût scellé, ironiquement, par la beauté du ciel sans nuages et du radieux Soleil levant qui la surplombaient.

Les alarmes sonnèrent plusieurs fois ce matin à Hiroshima, mais les avertissements furent levés à 7h30. Sur les berges de la rivière Otagawa, des centaines d'étudiants des écoles avoisinantes détruisaient les dernières maisons de bois de la ville, craignant qu'elles se changent en torches en cas de bombardement incendiaire.

À 8h15, le boeing B-29 Enola Gay accompagné d'un avion de doté d'une station météorologique, et un autre empli de matériel photographique et filmique survolèrent le pont en forme de T, au centre d'Hiroshima, un peu au Sud du château de Hiroshima. Little Boy, la bombe atomique, couverte de signatures et d'insultes à l'égard des Japonais fût larguée et explosa à 600 mètres du sol, environ au dessus d'un hôpital de la Croix Rouge. Les membres de l'équipage sont médaillés dès leur atterrissage en base américaine à Tinian. Ils auront pu observer pendant 500km le champignon atomique de 10 000m d'altitude.

On dit qu'un minimum, la température au sol au moment de l'impact fût de 3000 degrés Celcius. Dans un rayon de 3km, 90% des bâtiments furent totalement anéantis. Les enfants qui détruisaient les maisons à quelques mètres de là furent carbonisés en quelque secondes. D'autres habitants se jetèrent dans la rivière pour tenter de mettre fin à l'intolérable brûlure. Des milliers de cadavres flottaient sur l'Otagawa, les jours qui suivirent. Je crois qu'il est inutile de donner les détails de l'état physique d'un être vivant survivant à une telle chaleur.

Certains estimés disent que près de la moitié des morts étaient des soldats, d'autres disent que la très grande majorité des (environ) 200 000 victimes étaient des civils.

Quand le japon capitulât, les Américains entrèrent en trombe dans Hiroshima, pour étudier les dommages. Ce qui les intéressait beaucoup: les dommages infligés au corps humain. Ainsi, on créa une organisation pour l'étude des blessures liées à la bombe atomique. On amassait les renseignements sur les survivants, mais on ne leur offrait aucun soin. Il fallut attendre les années 1970 pour que le gouvernement japonais s'en mêle, offre sa collaboration et donne des soins aux victimes. Plusieurs de ces victimes sont encore vivantes de nos jours et on n'a pas encore d'idée claire des conséquences à très long terme et des traitements utiles pour ces gens.

À Hiroshima, on a construit le musée pour la Paix. Chaque maire d'Hiroshima depuis les années 1970 envoie des lettres de demande de destruction des armes nucléaires à tous les présidents des pays possédant l'arme nucléaire. Chaque 6 août, une grande cérémonie est tenue dans le Parc de la Paix, près d'où la bombe explosa. Des dizaines de monuments offerts par différents organismes ou pays décorent le grand Parc. On fait des guirlandes d'origami (de grues en origami, symbole de la paix, ici) que des donateurs viennent offrir par milliers. Presque chaque jour, des étudiants de partout à travers le Japon viennent visiter le musée et chantent ou prient devant les monuments.

On ne peut s'empêcher d'avoir la gorge serrée, malgré la beauté du parc et l'entrain des habitants.


Tomoko m'a dit lors d'une discussion que les Japonais ont oublié leur Histoire et qu'ils veulent devenir autant Américains que possible, mais que les gens d'Hiroshima, quant à eux, gardent toujours, à tout moment, un souvenir douloureux à l'esprit.

Hiroshima, ville de la Paix

Depuis hier nous sommes à Hiroshima, ville principale de la région de Chûgoku, dans l'Ouest de l'île d'Honshu. C'est probablement la ville du Japon la plus célèbre après Tôkyo, dû à son sort bien triste à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Je voulais visiter Hiroshima en grande partie à cause de cette histoire. Je voulais visiter la ville où, peut-être, s'est scellé le sort du Japon moderne.

Je m'attendais à une ville au caractère un peu fantomatique, une ville où les morts seraient plus en vie que les vivants. J'avais tort puisque Hiroshima est une ville bien en vie, une ville d'espoir et la 'Capitale de la Paix'.

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Hiroshima (広島), dont les kanjis (caractères chinois) signifient ' large île ', mais dont le nom serait à la base, selon certains historiens, issu des premiers kanjis des noms de deux fondateurs de la ville. Elle touche à la mer intérieure de Seto, et est traversée par la rivière Otagawa, dont les plusieurs branches ont été primordiales dans la fondation de la ville.

En 1589, la ville fût fondée par un membre de la puissante famille qui régnait déjà sur la région du Chûgoku, Motonari Mori. Son successeur, Terumoto Mori, construit le château de Hiroshima et s'y installa pour gouverner sur les neuf provinces environnantes. Il utilisa les branches de la rivière Otagawa, qui étaient encore en cours de formation (le sable qui descendait des montagnes, d'où l'on extrayait le fer, se tapait et formait des bandes et des îles près de la mer) pour fonder un château parfaitement protégé : il se situerait sur une bande de terre entre deux branches de la rivière et cette bande serait légèrement plus haute que les bandes de terres environnantes, afin de permette tout un système d'inondation des îles environnantes dans le cas d'une attaque. La ville se forma à l'entour du château, sur différentes berges, et prospéra rapidement.

En 1619, un successeur des Mori fût renvoyé par le shogunat et remplacé par Asano Nagaakira. Jusqu'à la restauration Meiji, à la fin du 19ème siècle, 12 générations de la famille Asano occupèrent ce lieu. Le château fût par la suite conservé par la ville, et servit de quartier militaire impériale pendant la guerre sino-japonais (1894/5)

Au 20ème siècle, vu l'emplacement stratégique de la ville, on y installa la 5ème Division de l'armée japonaise. À partir des années 1920, la ville devint un centre militaire et éducatif important, la ville ayant une des universités principales du Kansai, ainsi que maintes écoles techniques.

Le 6 août 1945, à 8h15, tout cela devint histoire ancienne.


(Les ruines du château)