Le Japon est le pays de la politesse.
Personne n’a dit que la politesse est un sentiment, et donc je passerai le questionnement sur le fait que les gens soient sincères ou non. On s’en fout. La politesse est une question d’apparences, et comme je le mentionnais, au Japon l’apparence est primordiale. Ainsi, dans l’avion et dans les magasins, le employés utilisent la forme de politesse la plus élevée, celle qui était auparavent utilisée envers l’empereur. On ne manque jamais de vous souhaiter la bienvenue quand vous entrez dans un magasin ou restaurant (je me passerai de commentaires sur les deux employées de la United Airlines, à Washington, qui m’ont fait poireauter 5 minutes en jasant entre elles avant de me regarder ou de me dire quoi que ce soit—et ce malgré que j’étais accotée à leur comptoir, à mois de deux pieds d’elles). Évidemment, dans cette attitude il faut aussi tenir en compte la mentalité du client-roi, la translation de l’empereur à l’acheteur (dans un Japon où l’empereur et les valeurs qu’il incarnait ont été renversées avec l’Occupation et tous la surconsommation encouragée à partir de ce moment).
Dans le shinkansen, lorsqu’un employé passe la porte automatique qui sépare les wagons, il se tourne vers les clients (tous les bancs sont alignés dans le même sens), esquisse un sourire et s’incline poliment (c’est-à-dire: bas). Ce comportement est assez surprenant et a quelque chose de bizarre quand tous les usagés dorment ou semblent dormir: on se demande alors pour quel public se tient cette sortie de scène.
Mais il n’y a pas que les employés qui soient polis. Encore dans le train, un vieil homme s’est prestement levé pour m’aider lorsqu’il a vu que j’essayais de reprendre ma (lourde) valise sur la tablette. Les employés de la gare nous indiquent le chemin sans qu’on leur demande et l’un d’eux nous a laissé passer sans vérifier nos billets, quand nous devions faire un transfert serré dans le temps. L’employé de l’école, qui ne savait pas qu’on arrivait en retard, nous a attendu probablement 3 heures à la gare de Kanazawa et lorsqu’on lui a demandé, a répondu qu’il venait tout juste d’arriver, puis nous a accompagnés, au beau milieu de la nuit, à l’hôtel réservé pour nous la première nuit. La dame de l’hôtel était d’ailleurs tout à fait sympatique et elle a été extrêmement contente de nous servir le déjeuner style japonais, avec des tas d’assiettes décoratives et toutes sortes de poissons, algues, tofu, etc. Les employées nous expliquaient comment manger certains plats compliqués et c’était très agréable. La propriétaire nous a aussi lu des extraits du livre pour apprendre le français qu’elle avait acheté pour un voyage à Paris. Son accent était affreux et adorable à la fois, et elle ne cessait de rire en disant qu’elle devait sonner ridicule pour nous.
Les gens ici sont curieux, et il nous arrive de se faire fixer, surtout par les enfants qui nont parfois jamais vu d’étrangers. L’effet est doublé lorsque Anayika, mon amie Haïtienne, est là. Nous n’avons cependant encore entendu aucun commentaire, et les gens sont patients avec nous même si l’on augmente considérablement le volume sonore, tandis que les Japonais sont des gens extrêmement silencieux.
mardi 29 avril 2008
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