Trois ans d'attente se matérialisent enfin.
À la fin du mois, je serai au Japon, pays du Soleil Levant.
Douze heures d'avance sur Montréal et des millénaires d'histoire dans un pays 377 835 km carrés, soit 4.5 fois plus petit que le Québec.
À Tokyo, on s'entasse au nombre de 13 000 habitants par km carré. Pour vous situer, à Montréal c'est très exactement 4 505 hab./km, et dans la ville de New York, 10 292 hab./km. Le Japon est le 10ème pays au niveau du nombre d'habitants.
Mais trêve de statistiques ; après tout vous lisez mon blogue et non pas la page Wikipedia concernant le Japon. Je ferais donc mieux de m'expliquer concernant ce voyage et le but de ce blogue.
Voilà trois ans que je prépare ce voyage, d'abord en mettant de l'argent de côté (étant encore à l'université, je gagne un salaire d'étudiante), puis, depuis l'été passé, en prenant des cours de japonais l'Université de Montréal et puis finalement en m'inscrivant aux sélections pour être envoyée avec un groupe d'étudiants faire l'équivalent du troisième cours de langue japonaise sur place au japon, dans la ville de Kanazawa. J'ai eu le privilège d'être acceptée pour ce voyage, ai reçu ma réponse au début du mois de mars 2008 et je pars ce 25 avril 2008.
Mon voyage comptera trois étapes: un mois en homestay dans une famille à Kanazawa, mois durant lequel j'irai à l'école de langue chaque matin avec mes 9 collègues.
Ensuite je passerai de 7 à 10 jours à explorer la région du Kansai, probablement en allant à Kyoto, Nara et Hiroshima.
Je passerai mon dernier mois à Tokyo, ville de tous les contrastes, dans un appartement que je loue grâce à une agence spécialisée en location de logements pour étrangers. Voilà mon voyage résumé en quelques phrases.
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On me demande souvent pourquoi j'ai choisi le Japon. Ou en fait, on me le demande moins souvent depuis que c'est devenu la destination la plus à la mode, surtout chez les gens de mon âge. Ce que je peux répondre, en tout cas, c'est que c'est loin par goût d'être «à la mode» et d'aller où tout le monde va ; j'ai par ailleurs l'ambition ferme d'éviter les sentiers battus touristiques. Mon blogue constituera donc plutôt en une série d'observations autant sur des aspects de la culture traditionnelle que de la culture pop et je tenterai d'éviter la simple chronique de voyage, afin d'emettre des remarques plus universelles, voire des infos pouvant servir à de futurs visiteurs.
Finalement, parce que ce message devient long, je passe à mes motivations. Pourquoi le Japon? Je ne sais pas. J'ai passé mes années de secondaire à lire les mangas de Katsuhiro Otomo (Akira, Rêves d'enfants), d'Osamu Tezuka (Ayako, L'arbre au Soleil), de Taiyo Matsumoto (Frères de Japon, Amer Béton), d'Hayao Miyazaki (Naussicaa), de Mitsuru Adachi (Short Program) et de plusieurs autres de ce genre. La plupart ce ceux-ci illustrent directement ou métaphoriquement des aspects, problèmes ou questionnements, de la société japonaise. J'en ai donc nécessairement retenu quelque chose, ou du moins je me suis familiarisée avec cette culture.
Je me suis aussi toujours demandé ce que ce devait être qu'être Japonais, c'est-à-dire de vivre dans un pays qui a connu le traumatisme de la bombe nucléaire, ainsi que sa destruction complète ou quasi complète suite à des attaques aériennes soutenues. Qu'arrive-t-il d'un peuple aussi fier de ses traditions lorsqu' il est forcé à se «moderniser» à l'occidentale d'un seul coup sous une occupation qui dure encore en pratique, c'est-à-dire une sorte de colonisation à une époque où les pays colonisés ont la réputation d'être ceux du Tiers-Monde... Il me parraît évident que le traumatisme post 2eme Guerre mondiale est l'une des clés des contrastes déroutants de la société japonaise actuelle (même si tout cela prend naissance plus tôt, au 19ème siècle).
Finalement, étant étudiante et littérature comparée et en études cinématographiques, la littérature japonaise et surtout le cinéma japonais, tous deux encore forts méconnus et souvent snobbés en Occident, m'intéressent beaucoup, peut-être à cause de cette familiarité que j'ai acquis à travers d'autres produits culturels desquels je faisait mention plus haut.
Mon message s'éternise. Je promets de messages plus intéressants (et illustrés!) une fois que je serais en ce pays dont le charmant drapeau laisse place à l'imagination: un point rouge sur fond blanc.
dimanche 6 avril 2008
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