mercredi 30 avril 2008

Première semaine

Mardi était ferrié ici, alors nous en avons profité pour explorer la ville (voir photos affichées dans l’entrée précédente) un peu, entre autres le château de Kanazawa, qui était en fait plutôt une muraille de protection qu’un château (personne n’y habitait). Les jardins entourants le château étaient vastes et malgré notre déception d’être arrivés en retard pour les sakuras (cerisiers en fleurs), nous avons pu observer la faune ; entre autres, plusieurs faucons qui rôdaient loin au dessus de nos têtes, ainsi que des variétés d’oiseaux inconnus au Québec.

Je vis en homestay, et ma mère adoptive s’appelle Tomoko. Elle est plutôt jeune et ce qu’on dit des Japonaises est vrai : on leur donne 10 ans de moins très facilement. Tomoko a 38 ans, mais je lui donnerais, sans exagérer, l’âge de ma soeur (24 ans)! Elle a beaucoup d’amis, dont plusieurs sont des étrangers vivant au Japon. Elle n’a pas d’enfants mais son salon est tapissé de photos de chiens qu’elle a eus, qui ont tous des noms français (elle me demandait justement, tout à l’heure, de les lui prononcer ‘correctement’, puisqu’avec son accent japonais, on ne se douterait pas que ce sont des noms français...). Elle est vraiment très généreuse et surtout patiente, ce qui me sauve la vie puisque mon japonais n’est pas très fort, même si j’y travaille.

Hier, Tomoko m’a préparé un souper de bienvenue, pour lequel elle a invité deux de ses amis (Japonais), ainsi que Anayika. C’était vraiment très drôle, d’abord parce que les Japonais, comme les Québécois, aiment beaucoup fêter. Nous avons tous beaucoup bu (sans excès, quand même) et je reste surprise du fait que, malgré les baguettes, je n’ai pas échappé de nourriture sur le tapis ( «ha ha ha», pour ceux qui me connaissent personnellement). Bizarrement, il nous était plus simple, pour Anayika et moi, de comprendre le japonais et de le parler, une fois quelques verres de vins terminés. Probablement parce qu’on devient moins gêné de faire des erreurs en parlant. La soirée a bien fini et aujourd’hui un des amis de Tomoko a appelé pour nous inviter, samedi, dans un village traditionnel, au Sud de la préfécture de Ishikawa (dans laquelle, au centre, se trouve Kanazawa).

Ici, j’en viens au fameux stéréotype du Japonais workoholic, toujours sérieux, fatigué et rentrant à des heures pas possibles à la maison. Je n’en ai point encore rencontré. Je ne pense pas en rencontrer à Kanazawa (une ville approximativement de la taille de Québec, au niveau de la population, mais aussi une des villes les plus riches du Japon en terme de production). D’abord, parce que c’est un stéréotype qui correspond au mode de vie de Tôkyô et non au Japon en général. Ensuite, je n’ai pas encore rencontré un Japonais qui soit réellement antipathique ; dès qu’on parle leur langue ou qu’on montre que l’on fait un effort pour la parler, les Japonais sont très reconnaissants, il me semble. Je crois que ce qui peut déformer les faits, c’est qu’ils ont un langage corporel et des expressions faciales très différents et parfois difficiles à comprendre pour un non-Japonais. Je ne peux pas m’étendre à ce sujet en ce moment, mais je souhaite y revenir plus tard car je trouve cela très caractéristique des gens d’ici.

Finalement, un étudiant de l’école d’ingénérie (polytechnique?) de Kanazawa est venu me parler cet après-midi alors que je faisais mes devoirs au centre d’étude et m’a dit quelques choses intéressantes sur Kanazawa, que je répète brièvement ici. D’abord que depuis au moins 300 ans, la préfecture d’Ishikawa est la plus riche au Japon, surtout grâce à l’agriculture (je ne sais malheureusement pas ce qu’on y cultive, à part le riz, que j’ai vu cultiver en pleine ville). Ensuite, que Kanazawa n’a jamais été détruite de toute son histoire, ni par la guerre, ni par des intempéries: cela est plutôt rare, au Japon. Finalement, que Kanazawa a un problème: celui des autos. Le «centre-ville» de Kanazawa est vide, et la majorité des habitants sont installés dans la banlieue (ce que je constate en regardant tout le transport que mes collègues doivent faire pour se rendre à l’école, qui est au centre-ville, à deux pas de la gare centrale). Selon lui, c’est un gros problème pour l’environnement, ce avec quoi je suis d’accord. Reste que cela m’a fait sourire car comparé au Québec, les rues sont désertes ici et énormément de gens se déplacent en vélo, ou encore en très petites voitures hybrides. C’est surprenant mais le Japon me semble beaucoup moins pollué que l’Amérique du Nord. Quoi que j’attend d’être installée à Tokyo avant de réellement me prononcer là-dessus...

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