dimanche 11 mai 2008

Photos [6]

Si vous pensez qu'on vous arnaque en vous chargeant 5$ pour un casseau de fraises....



Deux cantaloups: 126$ canadiens.


Un melon d'eau (pastèque) : 36$ Can.



Trois oranges, deux pommes et un cantaloup : 94$Can.


Heureusement que [pour le reste] il y a Mastercard...

Environnement

Vendredi et samedi, nous avions un voyage organisé par le centre d'études dans la péninsule de Noto, au Nord de la préfecture d’Ishikawa , avec les élèves des deux autres universités qui étudient au Rifare en même temps que nous (Washington & Lee University de Virginia, puis l’Université de Lausanne en Suisse). Le voyage de trois heures environ en autobus, avec diverses escales m’a permis de prendre connaissance de divers aspects du Japon rural. La plus marquante de celles-ci, remarquée lorsque nous longions les côtes de la mer du Japon, est que côté propreté le Japon donne priorité à l’image projettée plutôt qu’à une réelle maîtrise.

Je m’explique: dans les villes, tout est ultra-propre. Quand je marche vers l’école le matin, des employés de compagnies, en veston-cravate, balaient en groupe le trottoir devant leurs bureaux. Des employés de la ville en uniformes balaient le reste. Je ne vois pratiquement jamais d’emballages, de mégots, etc. au sol : en ville, on ramasse ses déchêts et malgré que les poubelles soient EXTRÊMEMENT rares, les gens font vraiment l’effort de porter les ordures aux endroits prévus. De plus, les poubelles japonaises sont certainement parmi les plus compliquées au Monde : il y a au moins 4 bacs différents. Un pour les bouteilles de tel et tel plastique, l’autre pour les canettes, l’autre pour les déchêts brûlables et l’autre pour les déchêts qui ne peuvent être brûlés. Vous avez de la chance si les quatre bacs sont alignés et puis si les instructions sont écrites en anglais, ou même en japonais phonétique (sinon, c’est écrit en kanjis, système d’écriture qu’il faut des années pour maîtriser). Dans plusieurs quartiers, on attitre à chaque propriétaire une journée de corvée des poubelles, ce que ma ‘mère adoptive’ faisait lundi dernier: se lever tôt pour aller vérifier si les ordures sont bien classées dans le bac du voisinage. Et puis ouvrir les sacs et classer soi-même quand les gens ne l’ont pas fait assez assidument...




Je dois ajouter que les graffitis sont très rares (du moins à l’extérieur de la métropole), sinon inexistants. Tout est ultra-propre, quoi qu’on reste toujours surpris du fait que dans la majorité des toilettes publiques, il n’y a ni distributrice à savon, ni serviettes ou sécheuse à mains... Je reste encore assez perplexe par rapport à l’hygiène des Japonais, qui autrement donnent l’impression qu’ils sont extrêmement propres (bien coiffés, bien habillés, etc.).

Pour en revenir au lien que je faisais entre l’image et la bordure de la mer du Japon: si dans la ville tout est parfaitement propre, ce n’est pas le cas des plages! En longeant la côte, nous pouvions observer les plages jonchées de déchêts : sacs de plastique, détritus de bois et de métal divers, linges usés par les marées, etc. , sans oublier quelques réfrigérateurs, une voiture et une dizaine de petits bâteaux en décomposition à travers le reste. D’où viennent ces déchêts? C’est assez dégoûtant et ça jure avec les belles vagues vert-turquoise, les jolies falaises et les forêts de bambous qui longent la côte. Je n’ai pas d’explications. Certains Japonais prennent-ils un plaisir malin à contrevenir aux bonnes manières, une fois la nuit tombée, et à jetter leurs ordures à la tonne dans la mer? Je n’y comprends rien, mais c’est assez décevant.

À certains endroits, comme à la plage Chirihama, des petits tracteurs râclent la plage pour enlever les ordures. Mais ce n’est pas exactement pour plaire aux baigneurs, qui sont d’ailleurs très peu nombreux. C’est plutôt pour empêcher les crevaisons, puisqu’ici, la plage devient une route où les véhicules défilent, pour que les passagers puissent resentir le ‘trip’ de rouler en voiture dans les vagues, ou en tout cas très proche d’elles. J’ai été très déçue par cette ‘attraction’. Notre autobus roulaient sur la plage et je ne pouvais que penser au nombre d’oiseaux, de petites animaux, d’oeufs et de crustacés que nous réduisions certainement en bouillie. J’ai eue la preuve que je n’exagérais pas quand nous sommes descendus à pieds sur la plage et que j’ai effectivement vu des petits tas de plumes encore attachés à des ailes. De plus que je ne comprends pas vraiment ce qu’il y a de ‘mieux’ à comtempler la mer d’une auto, plutôt qu’à pieds...

Mais bon, ce n’est pas la première fois que le manque de sensibilité envers les animaux me saute aux yeux, ici: au moins deux de mes collègues ont eu droit à un steak de baleine dans leurs familles d’adoption respectives, depuis les deux semaines que nous vivons ici.
Je crois que si quelqu’un m’en sert, je vais vraiment péter une crise...


Une vue de la mer du haut de la falaise, lors d'un de nos fréquents arrêts panorama...


lundi 5 mai 2008

Photos [4]





Dimanche, nous sommes allés entre étudiants au matsuri de Nanao, à moins de deux heures de train de Kanazawa. Comme dans plusieurs gros matsuris typiques, les jeunes hommes du village sont mis en charge de déplacer à travers la ville un énorme char que l'on déplace en poussant des morceaux de bois sous les roues et en utilisant la pression de l'eau et le poids des participants. Voici quelques photos que j'ai prises, et je crois qu'elles parlent d'elles-mêmes.

Photos [3]



Les maisons au toit de paille, à Gokayama, puis un close-up sur l'épaisseur de la paille.




Quelques garçons au matsuri (festival) de Gokayama.



Ce qui se cache sous le dragon...

Photos [2]


Des femmes travaillant à l'atelier de 'feuilles d'or' de Kanazawa, où nous sommes allés, jeudi après le cours, faire nos propres baguettes personnalisées en utilisant une technique traditionnelle réputée de la région de Kanazawa.



Les feuilles d'or, gros plan.



Ce couple est propriétaire d'un salon de thé en haut de la colline du vieux quartier. La femme nous a expliqué que son passe-temps est le tissage et la teinture, et nous a montré quelques uns de ses ouvrages. Elle nous a montré comment, à partir de pétales de tulipes mauves et de vinaigre, on prépare de la teinture.



Le salon de thé avait une vue imprenable sur la ville.
Ici, de dos, Marcel, Florian et Corentin.



Autour du temple en haut de la colline...



Francis et moi jouant aux imbéciles avec la cloche du temple...


dimanche 4 mai 2008

Fermer le gaz

Plusieurs traditions locales ou nationales vivent encore à Kanazawa, une ville assez éloignée de la capitale pour encore échapper à l'oubli des 'traditions inutiles'. Ainsi, l'autre soir nous avons rencontré autour de 22h un vieil homme en kimono qui marchait dans la rue en frappant, à intervalles d'environ une minute, deux bâtons de bois ensemble. Cela signifie 'fermez votre gaz': c'est une tradition très vieille que de rappeler aux gens, dans un pays où je dirais qu'au moins 90% des fours fonctionnent au gaz, de se préparer pour la nuit. C'est probablement plutôt un geste symbolique qu'autre chose, puisqu'ici à cette heure presque tout le monde est rivé à la télévision... On m'a expliqué que la tradition doit être à veille de se perdre et que cet homme doit faire partie du club municipal, qu'il a dû être choisi pour frapper les bâton cette année. L'an prochain ce sera certainement quelqu'un d'autre puis un autre encore, puis un jour probablement que cela s'éteignera puisque ça n'intéressera plus personne.

Gokayama, le village

Samedi, Mitsunu-kun, un ami de Tomoko, nous a emmenées à Gokayama, à deux heures environ de Kanazawa. C’est un site Héritage Mondial de l’UNESCO : un village d’antan conservé et mis en valeur, dans une région montagneuse et éloignée de la circulation. Là-bas les toits des maisons sont faits de paille épaisse et le sol est à-même la pierre, dans les portiques (le reste de la maison doit être légèrement surélevée, c’est une règle japonaise que je ne saurais expliquer avec les mots exacts, encore respectée de nos jours). Un festival japonais avait lieu (un matsuri), pour lequel les jeunes garçons étaient costumés et portaient une grosse perruque blanche. Un ‘dragon’ constitué de plusieurs autres jeunes hommes sous une toile décorée, les suivaient. Ils s’arrêtaient longtemps devant chaque maison du village et à chaque fois un garçon à perruque blanche effectuait une danse représentant un combat avec le monstre. Tomoko et son ami n’ont pas saisi entièrement le sens de ce qui était lu mais m’ont dit que le garçon devait triompher devant chaque maison pour que l’été puisse arriver, ou quelque chose de semblable.




Pour aller comme pour revenir, nous sommes passés (en voiture) dans les chemins à flancs de montagne: d’un côté les pierres et la forêt, de l’autre un énorme précipice vers une rivière turquoise: c’était épatant. La route ne cessait de zigzager et les voitures ne pouvaient pas se croiser partout. La voiture de Mitsunu, comme toutes les voitures ici, est flanquée d’un système GPS et d’écrans de télévision. Avant de partir, on choisit notre trajet et la voiture vous guide. Petite variation pour celle-ci: la voiture parle carrément et explique avec beaucoup de précision dans combien de temps il faut tourner, combien de mètres avant la bonne sortie, etc. C’est parce qu’ici, la plupart des rues n’ont pas de nom et les quartiers sont sous-divisés selon des grilles un peu étranges, donc il est extrêmement facile de se tromper de chemin.